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En cette journée du troisième anniversaire d'arrivée des enfants de Beslan en Suisse une réunion des enfants avec notre équipe des psychologues a eu lieu à Beslan. La grande place a été réservée aux souvenirs, mais aussi au travail des psychologues sur le futur.

Bientôt les photos de cette réunion ici.

 
Sauver de l'oubli Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marek Mogilewicz   
03-09-2008

Quatrième année après le terrible drame de Beslan.

Un mélange de sentiments très divers me pousse à m'adresser encore une fois à vous.

D'abord ma colère et mon incompréhension du monde occidental qui à travers son regard toujours tourné sur soi-même, oublie très vite, très, très vite l'un de plus terribles drames de notre époque. L'un de plus inhumain, parce qu'il a touché essentiellement les enfants. L'avenir de l'Ossétie, l'avenir de notre monde. Les larmes d'un enfant sont les mêmes là-bas, comme ici.

Le terrible "choix des rédactions" n'a plus de l'intérêt pour ce qui a été autrefois un sujet qui faisait vendre.

Les propos de n'importe quel psychiatre en mal de notoriété valent plus que le travail long et difficile que nous effectuons depuis près de quatre ans avec les victimes de la barbarie.

Même les récents événements en Ossétie du Sud, attaquée de façon lâche et tout aussi barbare par un régime fascisant appuyé par les Américains et leurs vassales de l'OTAN, n'a plus la côte dans nos médias. Tout va trop vite !

Nos médias ont joyeusement répété la propagande géorgienne mise en œuvre de façon magistrale. Aucun sens de curiosité, ni de l'honnêteté intellectuelle n'as poussé nos journalistes d'aller voir sur place, quand je dis sur place ce n'est pas à Tbilissi, la guerre a eu lieu à Tskhinvali.

Pourtant cette guerre, c'est plus de deux mille morts. En majorité des civils innocents. Des milliers des blessés. Plus de 40 000 de déplacés. Parmi eux, un garçon de treize ans, Inal. J'ai parlé avec lui de ce qu'il a vécu. Dans ces yeux il y a avait la peur, la vraie. Dans ses paroles, une pudeur pour raconter l'horreur. Les bombes, les obus, les balles, une cave dans laquelle se tenaient entassés, les femmes, les enfants et les vieillards. Puis, le plus abjecte : les Géorgiens repoussés par les soldats russes, inondent les caves, pour tuer ceux qui s'y sont réfugiés.

Perdant la guerre, ils n'ont eu que la haine et la vengeance sur les plus faibles et innocents.

Je demande à Inal que voudrais-tu maintenant ? Il me dit : retourner à la maison.

Ces cheveux sont devenus tout gris. Il a treize ans.

Je tombe sur l'Internet sur un site qui montre un film tourné récemment par Aliessia Djoieva et Nelli Pukhaeva. Cette dernière, qui est physicienne au CERN, nous a activement aidé lors de la première phase du Projet Beslan.

 

Dans ce film il est question de 15 symboles de l'Ossétie. Il y a bien sûr le grand chef d'orchestre Valéry Giergiev, des légendes et danses ossètes, mais il y a surtout ce jeune homme, aujourd'hui étudiant de l'Université de Moscou. L'étudiant d'Aliessia Djoieva. Il a été à l'école, l'otage, comme les 1271 autres. Au moment de l'explosion finale et de la terrible fusillade, il a sorti sept enfants de l'école en leurs sauvant la vie. Aliessia Djoieva lui dit :

"Quelle force extraordinaire t'habite qu'à seize ans tu es devenu le héro de la nation ?"

 C'est sur cette phrase d'espoir et d'admiration que je termine cette lettre.

Il nous faudra encore beaucoup de forces et de courage pour continuer à soutenir les victimes de septembre 2004.

 

Pour réussir, il faut de la ténacité, mais les forces pour continuer, je les trouve chez les enfants de Beslan.

 

Marek Mogilewicz

 

Président de l'Association FIDAN

 

pour voir le film :

http://www.iriston.ru/ru/more_news_diaspora.php?aid=632 

Dernière mise à jour : ( 01-06-2009 )
 
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